La Société d'archéologie et de numismatique de Montréal

« ...Et les vieilles choses, en vieillissant davantage, sont devenues le patrimoine des montréalais. » (Extrait de la brochure publiée à l'occasion du 125e anniversaire de la SANM)

Sceau.

Écu rond chargé d'un tomahawk et d'un calumet en sautoir, cantonnés d'une lampe antique, d'une monnaie athénienne à l'effigie de Minerve, d'un sou canadien à l'effigie de Victoria et d'un castor; l'écu est entouré de l'inscription : Numismaticæ et archælogicæ marianopolitanæ societatis sigillum.

Une des plus anciennes institutions montréalaises à œuvrer à la mise en valeur et à la sauvegarde du patrimoine de Montréal est née en 1862, du désir d'un groupe d'érudits ayant à leur tête Adélard J. Boucher et Stanley C. Bagg. Dans le but de promouvoir l'étude de la numismatique, ils fondent la Société de Numismatique de Montréal. Très tôt cependant, on élargit le cadre des activités de la société, donnant une plus large part aux études archéologiques. En 1866, la Société de numismatique change son nom pour celui de Antiquarian and Numismatic Society et adopte son sceau officiel. Dans sa version française, le mot Antiquarian est traduit par archéologie.

À la manière des sociétés savantes et des sociétés historiques canadiennes et américaines du 19e siècle, le conseil et les membres de la SANM dirigent ou participent à des fouilles archéologiques. Soucieuse d'informer, de diffuser son message et le résultat de ses recherches, la Société publie, à partir de 1872, le Canadian Antiquarian and Numismatic Journal. La revue paraîtra, irrégulièrement à certaines périodes, durant 60 ans. En 1895, la Société installe son musée dans le Château Ramezay, alors menacé de démolition.

Artefacts amérindiens. Parmi les activités archéologiques anciennes les plus importantes, notons la découverte en 1898 d'un cimetière amérindien dans le secteur de Westmount, ainsi que les fouilles menées en 1932 sur le site amérindien de Lanoraie (bourgade d'Agochonda) par monsieur Aristide Beaugrand-Champagne (voir Un survol de 150 ans de recherche archéologique au Québec). On en trouve les récits dans le Canadian Antiquarian and Numismatic Journal. Les artefacts provenant de ces fouilles, ainsi que certains objets amérindiens trouvés lors des fouilles effectuées sur le site Dawson en 1860, sont toujours conservés au musée du Château Ramezay.

La crise économique, suivie de la Deuxième Guerre mondiale, affecte sérieusement les activités de la Société, et tous les efforts sont faits pour que le musée du Château Ramezay reste ouvert au public. Les années 40 et 50 sont plutôt sombres pour le patrimoine montréalais. Au cours des années 60, la conjoncture s'améliore cependant. L'intérêt pour le patrimoine refait surface et on assiste à une nouvelle prise de conscience, alors que les musées entrent dans une phase accélérée de développement. Grâce au mécène David M. Stewart, féru d'histoire et de patrimoine et membre de la SANM depuis plus de vingt ans, on entreprend la restauration complète du musée et des plus belles pièces de sa collection, tout en augmentant celle-ci par de nombreuses acquisitions. Dans la foulée de ces événements, la SANM obtient en 1978 que le musée soit accrédité par le ministère des Affaires culturelles du Québec et elle renoue avec la dimension archéologique.

Fouilles à la place Royale à Montréal.

Entre 1979 et 1993 particulièrement, la SANM se voit confier, par l'entremise de contrats ou de soumissions, la réalisation de travaux de diverses natures, dans le cadre de l'entente entre la Ville de Montréal et le ministère des Affaires culturelles du Québec sur la mise en valeur du Vieux-Montréal et du patrimoine montréalais. C'est ainsi que de nombreux sites font l'objet d'études de potentiel, d'expertises, de sondages, de fouilles, de surveillance de travaux publics, de fouilles ouvertes au public, d'analyses de collections, de conférences, de publications et d'expositions.

Les documents relatifs à ces fouilles sont consignés au ministère de la Culture et des Communications à Québec et à la Ville de Montréal, tandis que les collections sont gérées par le musée Pointe-à-Callière ou le Laboratoire des collections d'archéologie du ministère de la Culture et des Communications à Québec.

Pour en savoir plus

Musée du Château Ramezay (SANM)
280, rue Notre-Dame Est
Montréal (Québec)
H2Y 1C5

Téléphone : 514 861-3708
Télécopieur : 514 861-8317

Monique Laliberté
16, 103e avenue
Notre-Dame-de-l'Île-Perrot (Québec)
J7V 7P2

Consultation sur place du Canadian Antiquarian and Numismatic Joural

Lighthall, W. D., « A New Hochelagan Burying-Ground », dans Canadian Antiquarian and Numismatic Journal, vol. I, 1898, p. 149-159.

Beaugrand-Champagne, Aristide, « Agochonda » (et texte de présentation par Victor Morin), dans Canadian Antiquarian and Numismatic Journal, vol. IV, 1933, p. 117-137.

Liste des principaux sites archéologiques ayant fait l'objet d'études par la SANM,
de 1979 à 1993 :

Illustrations


1.  Sceau de la SANM, adopté en 1866.
2. - 3.  Artefacts amérindiens provenant du site Lanoraie. (photo: Musée du Château Ramesay, Montréal)
4.  Fouilles effectuées à la place Royale à Montréal en 1982, avant la réalisation du musée de Pointe-à-Callière. (photo: Ville de Montréal)


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