L'archéologie et les routes
Il y a 500 ans à peine, les premiers Européens accostaient sur la Basse-Côte-Nord pour chasser la baleine et pêcher la morue. Peu après, explorateurs, commerçants et colons se sont installés le long du fleuve, des rivières et des lacs. Pour les Autochtones et les Européens, les cours d'eau et leurs rives constituent, en fait, les premières routes. Mais, bientôt, il devient nécessaire d'établir des voies de communication « carrossables ». On construit alors les premières routes, dont le Chemin du Roi; celui-ci relie la Côte-de-Beaupré et Québec, Trois-Rivières et Montréal. Aujourd'hui, le réseau routier québécois s'étend sur 120 000 km environ. Ces routes, qui longent, contournent et traversent le Saint-Laurent ainsi que d'innombrables lacs et rivières, suivent essentiellement le tracé des routes naturelles utilisées naguère par les Autochtones et les Européens.
Des vestiges fragiles dans le sol
Les populations qui ont occupé, pendant des millénaires, le territoire québécois ont laissé de nombreuses traces de leurs activités. Ces traces sont généralement enfouies dans les couches superficielles du sol, à cause de phénomènes naturels ou d'activités humaines. La construction, la réfection et l'entretien des infrastructures de transport peuvent donc anéantir des témoignages uniques, non écrits, de modes de vie aujourd'hui révolus.
Le ministère des Transports du Québec et l'archéologie
Le ministère des Transports du Québec est responsable de près de 28 000 km de routes ou d'autoroutes, ainsi que d'une vingtaine d'aéroports et de plusieurs quais. À ce titre, il se préoccupe de l'impact des transports sur l'environnement et sur l'aménagement du territoire. Depuis 1980, le Ministère a, de plus, la responsabilité de protéger les sites archéologiques situés sur les terrains où se font des travaux routiers. Des archéologues se joignent donc aux autres spécialistes pour participer aux études environnementales.
Afin de vérifier si des sites archéologiques sont menacés par les travaux, les archéologues du Ministère consultent de nombreux documents d'archives et pratiquent des sondages sur le terrain. Lorsqu'ils découvrent un site, celui-ci peut être protégé ou fouillé, selon son importance. À ce jour, plus de 400 sites archéologiques ont été découverts et protégés. Ces recherches ont permis de sauvegarder et de mettre en valeur ces éléments irremplaçables du patrimoine québécois. Les connaissances ainsi acquises nous amènent à jeter un regard nouveau sur l'évolution humaine et nous incitent à en tirer profit pour l'avenir.
Pour en savoir plus
Ministère des Transports du Québec
Denis Roy, archéologue
700, boul. René-Lévesque Est, 14e étage
Québec (Québec)
G1R 5H1Téléphone : 418 644-6878
Télécopieur : 418 644-9662
Illustrations
1. Vaisselle trouvée lors de travaux effectués dans un stationnement du ministère à Québec. Habitation du 19e siècle. (photo: Ministère des Transports du Québec)
2. Archéologues sur le site Ohituk, près du village inuit d'Ivujivik. (photo: Ministère des Transports du Québec)
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