La Maison des Jésuites à Sillery

Avant la venue des Européens, les Amérindiens appelaient ce lieu Ka-miskouaouanga-chit, expression qui signifie Pointe-aux-Anguilles ou encore là où l'on prend le saumon avec la lance. La Maison des Jésuites occupe l'emplacement d'une mission créée en 1637 par les jésuites dans le but d'évangéliser et de sédentariser les Amérindiens. En 1646, les missionnaires protègent l'établissement de la menace iroquoise en l'entourant de pieux. Quatre ans plus tard, ils construisent une fortification de pierre flanquée de quatre tourelles. Des épidémies touchent les autochtones en 1667 et en 1683, amenant le déclin de la mission, qui cesse toute activité en 1698.

Les Jésuites construisent la maison actuelle dans le premier tiers du 18e siècle, et l'agriculture prend le pas sur l'évangélisation. Après la Conquête, la propriété est occupée, entre autres, par la romancière Frances Morre Brooke de 1763 à 1768, par le brasseur William Hullett de 1802 à 1815, puis par plusieurs marchands de bois.

À la recherche du temps perdu

La Maison des Jésuites serait le premier site à avoir été l'objet de travaux archéologiques dans la région de Québec. Les abbés Charles-Honoré Laverdière et Henri-Raymond Casgrain, du Séminaire de Québec, entreprennent en 1869 des fouilles à l'emplacement de la chapelle Saint-Michel.

Au 20e siècle, le site attire très tôt l'attention des archéologues. Mentionnons le passage, entre 1950 et 1970, de Wilfrid Jury (1953) de l'University of Western Ontario, de Michel Gaumond (1962, 1965) du ministère des Affaires culturelles du Québec et de John Rick (1968) du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. La synthèse des travaux antérieurs à 1990 a été faite par Isabelle Robert.

Les interventions archéologiques, dont la plus récente a été réalisée par la firme Arkéos en 1995, ont permis de connaître l'emplacement de la chapelle, de la palissade et de plusieurs édifices du 17e siècle; plusieurs sépultures ont aussi été mises au jour dans le cimetière amérindien de la mission. Une étude paléanthropologique sur les restes humains recueillis a été menée par Gérard Gagné. Une cinquantaine d'individus, dont 39 enfants, ont été identifiés; il s'agirait de Montagnais et d'Algonquins. Le cimetière était probablement réservé à l'inhumation des autochtones chrétiens qui résidaient en quasi permanence à la mission; il aurait servi durant la période la plus active de cet établissement, soit de 1637 à 1657.

Une visite à la Maison des Jésuites

La maison des Jesuites. La Maison des Jésuites se trouve parmi les trois premiers monuments historiques à être classés au Québec, en 1929.

Le parc archéologique situé à l'avant de la maison contient les vestiges de la chapelle ainsi que ceux du premier cimetière autochtone catholique en Amérique du Nord. Dans le jardin, derrière la maison, un marquage au sol montre l'épaisseur de la muraille de pierre qui protégeait la mission.


Chaudron de cuivre

La collection archéologique est constituée de 10 500 objets de facture amérindienne, française et anglaise. L'exposition permanente Mission en Nouvelle-France relate l'histoire du lieu à travers de nombreux objets archéologiques et ethnologiques. Le musée reçoit aussi des expositions temporaires consacrées à la culture matérielle, à l'histoire autochtone et silleroise ainsi qu'aux arts populaires.

Pour en savoir plus

Goudreau, Yves et Alain Duchesneau, La maison des Jésuites : Quand l'histoire devient musée, Sillery, Les Éditions Bagatelle, 1995, 16 p.

Robert, Isabelle, Le site de l'ancienne mission des Jésuites à Sillery, Sainte-Foy, Université Laval, mémoire de maîtrise, 1990, 94 p.

La Maison des Jésuites
2320, chemin du Foulon
Québec (Québec)
G1T 1X4

Téléphone : 418 654-0259

Illustrations


1.  La maison des Jésuites (photo: Maison des Jésuites)
2.  Chaudron de cuivre présenté dans l'exposition La Maison - Mémoire (photo: Maison des Jésuites)


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