La municipalité de Cap-Santé et la mise en valeur
du site du fort Jacques-Cartier

vue aérienne du fort Le 13 septembre 1759, l'armée française en déroute à la suite de la bataille des Plaines d'Abraham regagne ses retranchements. Le 18, Québec ayant capitulé, l'armée française se replie sur la rivière Jacques-Cartier où le Chevalier de Lévis ordonne la construction d'une fortification de campagne : le fort Jacques-Cartier. C'est de là qu'en avril 1760 les troupes françaises, fortes de 7000 hommes, s'ébranlent en vue de reprendre la capitale de la Nouvelle-France. Malgré la victoire de la bataille de Sainte-Foy, cette tentative sera un échec. De retour au fort, Lévis en confie le commandement au lieutenant d'Alberghetti qui dispose de cinquante réguliers et de cent cinquante miliciens; le fort capitule le 10 septembre 1760 après un bref échange de coups de feu avec les sept cents hommes du colonel Fraser qui y poste une cinquantaine de réguliers. Après le traité de Paris, en 1763, le site est définitivement délaissé comme poste militaire.

Profil du fort Jacques-Cartier et des meurtrières Sur la pointe du cap Santé, surplombant la rivière Jacques-Cartier, les vestiges de cet imposant ouvrage militaire sont encore visibles. Il y subsiste les ouvrages de terre constituant une banquette, des merlons et des embrasures. Le pourtour du fort, n'ayant subi aucun remaniement sous l'occupation anglaise, se distingue encore fort bien.

Devant l'importance archéologique mais surtout nationale de ce site, le ministère de la Culture et des Communications entreprit en 1998 des démarches dans le but de réévaluer le potentiel archéologique du site. Des travaux avaient été amorcés en 1962 par Michel Gaumond. Malgré des résultats fort encourageants, avec la découverte des vestiges de structures de pierres et des artefacts d'usage domestique mais surtout militaire, le projet ne connut pas de suite.

Profil des meurtrières sur le site du fort Jacques-Cartier Près de trente ans plus tard, le site suscite de nouveau l'intérêt. À l'instigation du ministère et avec la participation de la municipalité de Cap-Santé et la collaboration des propriétaires du terrain, l'investigation reprit. Mais devant le peu d'informations consignées dans le rapport datant des années 60, une évaluation du site fut programmée à l'automne 1999 de manière à cerner plus précisément son potentiel archéologique et ainsi être en mesure d'établir une problématique et une stratégie de fouille appropriée. De plus, l'élaboration d'un programme de mise en valeur du site, à court et long terme, devint également une préoccupation majeure des intervenants.

Parmi les objectifs atteints lors de l'évaluation, on peut mentionner la cartographie du fort, le positionnement du plan de Gaumond sur le site mais, surtout, la vérification sur le terrain des bâtiments présents sur le plan du British Museum, jugé le plus fidèle de ceux connus. Les investigations menées dans les secteurs de l'éperon sud, de la porte du fort ainsi qu'au nord de celle-ci, aux endroits où le plan du British Museum montre la présence de bâtiments, n'ont pas permis la découverte de traces de structures. Toutefois, une couche d'occupation, vraisemblablement associée à l'usage militaire, fut observée sur la presque totalité du site. Une collection d'artefacts, datant du régime français et pouvant être associé à l'occupation militaire du site, fut récupérée lors de l'intervention. Par ailleurs, l'intégrité des couches dans certains secteurs permet de croire que des recherches additionnelles pourraient révéler des structures, s'il en subsiste des traces.

Devant les limites de temps imposées à l'intervention de 1999, certains points d'intérêt n'ont pu être investigués. C'est le cas des remparts de terre qui dominent sur la pointe du cap. Ouvrage de fortification de campagne, ouvrage militaire de la période française, l'ensemble que constitue le fort Jacques-Cartier est le seul témoin de ce type non seulement au Québec mais aussi au Canada. La fouille des remparts du fort, faisant partie des objectifs de la prochaine campagne sur le terrain, constitue donc un intérêt exceptionnel puisqu'elle sera en mesure de nous transmettre des informations inédites sur ce type de fortifications, informations autrement inaccessibles.

La nature même de l'aménagement du fort Jacques-Cartier et son état de conservation justifient l'emploi de mesures radicales pour assurer son intégrité. Son caractère unique, sa valeur historique et archéologique sont autant de raisons justifiant sa préservation pour le présent mais aussi pour les générations futures. Au-delà de sa préservation, il convient aussi d'assurer son accessibilité, celle-ci au moyen d'un programme de mise en valeur. Ce programme se devra d'assurer la vulgarisation de l'histoire de ce site en faisant une place toute particulière à l'approche archéologique. Par cette accessibilité et cette visibilité, le fort Jacques-Cartier, dernier bastion de résistance des troupes françaises en Amérique du Nord, sera à même de prendre la place qui lui revient dans l'histoire coloniale française et par la même occasion dans la mémoire collective des Québécois.

Pour de plus amples informations sur l'évolution de la recherche, veuillez contacter M. Gilles Samson, archéologue au ministère de la Culture et des Communications, au numéro de téléphone 418 380-2346, poste 7038.

Pour en savoir plus

Municipalité de Cap-Santé
Jacques Blais
194, route 138
Cap-Santé(Québec)
Téléphone : 418 285-1207
Télécopieur : 418 285-0009

Carl_lavoie@sprynet.com
Gilles.Samson@mcccf.gouv.qc.ca

Des extraits de ce texte sont tirés d'un article de Carl Lavoie intitulé Le site du fort Jacques-Cartier.
Chouinard, Alain. Site du fort Jacques-Cartier (CeEw-1). Rapport d'intervention 1999. Québec, 2000. Centre de documentation du ministère de la Culture et des Communications.

Illustrations
1.  Photo aérienne du fort Jacques-Cartier situé à Cap-Santé (photo: Pierre Lahoud, MCC)
2.  Profil du fort Jacques-Cartier et des meurtrières (photo: Alain Chouinard)
3.  Profil des meurtrières sur le site du fort Jacques-Cartier (photo: Alain Chouinard)

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