Recherches à Blanc-Sablon*

Baie de Blanc-Sablon
La richesse du patrimoine archéologique de la Basse-Côte-Nord a attiré l'attention de voyageurs dès le milieu du 19e siècle. Depuis ce temps, de nombreux archéologues se sont succédé à un rythme soutenu, afin de mieux comprendre l'origine et le développement du phénomène humain dans cette région.

Collection d'artefacts trouvés dans la région de Blanc-Sablon Au cours des millénaires des groupes amérindiens ont fait de la région de Blanc-Sablon leur terre privilégiée d'établissement. Loin d'être immobile comme une mer d'huile, leur histoire est ponctuée de changements importants, d'évolutions subtiles, de rencontres avec d'autres groupes amérindiens, mais aussi de contacts avec des peuples étrangers, comme les Paléoesquimaux et les Européens. En tant que milieu naturel, la région a connu d'importantes modifications depuis la dernière glaciation. Au cours des millénaires, les autochtones ont toujours su s'adapter à ces changements, tout en poursuivant leur mode de vie traditionnel de chasseur-cueilleur-pêcheur.

De 1983 à 1992, l'objectif principal de la recherche archéologique menée à Blanc-Sablon et sur la Basse-Côte-Nord en général, consistait à proposer un cadre chronologique susceptible d'intégrer l'ensemble des sites préhistoriques (datant d'avant l'arrivée des Européens au 16e siècle) connus dans la région. Comme trame de fond, l'étude a porté sur l'évolution des modes de subsistance et des systèmes d'établissement des différents groupes autochtones qui ont fait de cette région leur terre de prédilection.

Fouilles dans la baie de Blanc-Sablon La rive ouest de la rivière de Blanc-Sablon recèle une quantité de sites archéologiques intacts qui représentent probablement près de 8000 ans d'occupation autochtone. Les travaux de fouille et d'inventaire sur la rive ouest ont permis la découverte d'une soixantaine de nouveaux sites, dont quinze ont fait l'objet de fouilles.

Les résultats qui découlent de ces recherches servent d'ossature à l'interprétation des quelque 500 sites préhistoriques connus en Basse-Côte-Nord. Les Amérindiens ont exploité, parfois de façon intensive, plusieurs ressources côtières allant, à certaines périodes, jusqu'à modifier leur système de mobilité territoriale pour en profiter. Pourtant même si ces groupes ont amplement profité de ces ressources marines, ils n'ont probablement jamais atteint le degré de spécialisation des Inuits ou encore des communautés amérindiennes de la côte ouest du Canada. Contrairement à ces derniers, il ne semble pas que les Amérindiens qui fréquentaient la Basse-Côte-Nord aient exploité aussi intensivement les ressources hauturières. Pour toutes ces raisons, ils sont demeurés aux « frontières de la mer ».

Foyer amérindien

La rive ouest de la rivière de Blanc-Sablon a été classée comme site archéologique par le ministère de la Culture et des Communications en 1989.

Voir aussi :

*Extraits de la synthèse de Jean-Yves Pintal intitulée : Aux frontières de la mer. La préhistoire de Blanc-Sablon, collection Patrimoines, Dossiers no 102, Les Publications du Québec, 1998.

Illustrations


1.  Baie de Blanc-Sablon (photo: Jean-Yves Pintal)
2.  Collection d'artefacts trouvés dans la région de Blanc-Sablon (photo: Jean-Yves Pintal)
3.  Fouilles dans la baie de Blanc-Sablon (photo: Jean-Yves Pintal)
4.  Foyer amérindien (photo: Jean-Yves Pintal)


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