Périodes chronologiques de l'histoire amérindienne préeuropéenne :
La période Archaïque correspond à des changements importants reliés aux activités de subsistance, à une mobilité territoriale moins grande, à un environnement plus stable et à une plus grande diversité culturelle. Alors que les groupes planoens pratiquaient des activités spécialisées orientées principalement vers la chasse au caribou, les Amérindiens de l'Archaïque, plus nombreux et connaissant mieux les ressources du territoire, étendent graduellement leurs activités à toutes les ressources animales et végétales disponibles. En fait, ils vivent un nomadisme saisonnier adapté à l'exploitation de l'ensemble des ressources de la chasse, de la pêche et de la cueillette. On connaît peu de choses sur leurs habitations puisque, habituellement, on ne retrouve que des foyers.
L'exploitation générale des ressources se traduit par la diversification des outils, des méthodes utilisées pour les fabriquer, de leurs formes et de leurs fonctions. En plus de tailler, les Amérindiens polissent maintenant leurs outils en pierre et martèlent le cuivre natif provenant de la région du lac Supérieur. Les objets en cuivre natif, tels les couteaux et les pointes de projectiles, sont souvent associés à des sépultures. La présence de quartzite du Labrador (Ramah), de jaspe de Pennsylvanie et de cuivre sur des sites du Québec témoigne de l'étendue du réseau d'échanges et de communications, qui ne cessera de s'accroître jusqu'à l'arrivée des Européens.
La période connaît trois sous-périodes chronologiques : l'Archaïque ancien, l'Archaïque moyen et l'Archaïque supérieur qui ne sont pas décrites ici au profit des subdivisions régionales qui permettent de mieux mettre en relief les diversités culturelles qui s'y sont développées. L'Archaïque laurentien concerne la vallée du Saint-Laurent, l'Archaïque du Bouclier englobe la vaste région au nord de la vallée du Saint-Laurent et l'Archaïque maritime touche la région à l'est de Rimouski.
Dans la vallée du Saint-Laurent, des populations amérindiennes chassent, pêchent et pratiquent la cueillette de fruits et de plantes. Leur subsistance dépend surtout du chevreuil, de l'original, de l'ours, du castor, du poisson, des oiseaux migrateurs et, parfois, des mollusques. Leurs activités de subsistance suivent un rythme saisonnier lié essentiellement à la disponibilité du gibier et des autres ressources naturelles.
L'outillage en pierre trouvé sur les sites laurentiens comprend, entre autres, des pointes de projectiles, des couteaux taillés ou polis, des grattoirs, des gouges, des polissoirs, des forets, des poids de propulseurs ou des filets de pêche. On trouve aussi des outils en os tels qu'aiguilles, alênes et couteaux fabriqués à partir de dents de castor et des outils en cuivre natif, tels que pointes de projectiles et hameçons, pendentifs et bracelets.
Vers la fin de cette période, on remarque dans les sites archéologiques de la région laurentienne, une augmentation du nombre d'outils associés à la pêche et à la cueillette de fruits sauvages. De plus, apparaissent des contenants en stéatite, communément appelée pierre à savon, précurseurs des vases en céramique. La présence de ces contenants indique bien l'importance croissante de l'entreposage des denrées et annonce l'horticulture ainsi que la sédentarisation des populations amérindiennes durant la période suivante, du moins de celles vivant plus au sud.
Au nord de la région laurentienne, des groupes de chasseurs, pêcheurs et cueilleurs vivent, selon les saisons, des ressources naturelles de la forêt boréale, et exploitent l'intérieur du territoire québécois. Ils vont maintenir ces activités jusqu'à la période des premiers contacts avec les Européens. En fait, les connaissances archéologiques acquises lors des grands travaux hydroélectriques à la baie James laissent à penser que ces groupes ont conservé le même mode de vie durant plusieurs millénaires. Ils échangent aussi des denrées et imitent les technologies connues des populations amérindiennes installées plus au sud. Ainsi, durant le dernier millénaire, la poterie, les pipes, le tabac et le maïs font leur apparition dans l'arrière-pays. Les groupes de l'Archaïque du Bouclier se déplacent en canot d'écorce durant la belle saison et en raquettes pendant l'hiver. Leur mode de vie s'apparente beaucoup à celui des populations algonquiennes à l'époque euroquébécoise, et ils pourraient même être les ancêtres des Cris, des Algonquins et des Montagnais d'aujourd'hui.
Une culture maritime, aussi d'origine méridionale, s'épanouit dans le golfe du Saint-Laurent, à partir de 8000 ans avant aujourd'hui. Les Maritimiens de l'Archaïque se déplacent probablement sur de longues distances avec des embarcations et chassent les mammifères marins et terrestres. Leur outillage est composé de têtes de harpons détachables et fixes, de pointes de projectiles, d'herminettes*, de gouges* et de couteaux.
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